juillet 23, 2010 at 20:37 · Filed under Non classé
Lors d’un échange avec une étudiante en psycho, j’évoquais le fait que pour moi, ce qui faisait qu’un psy en entreprise a une valeur ajoutée c’est la sensibilité clinique et l’adaptation aux enjeux organisationnel et économique.
Le fait de placer l’humain au centre, sans pour autant rester figer sur la dimension psychique, intégrer la personne dans l’environnement et le système dans lequel elle évolue.
Une démarche fondamentalement éthique et durable 
avril 17, 2010 at 19:07 · Filed under Pratiques RH, Responsabilité Sociétale de l'Entreprise, Santé
Le numéro de C dans l’air de ce jeudi, portant sur l’ouverture d’une plainte contre X concernant les suicides à France Telecom m’a rappelé une discussion que j’avais il y a quelques temps avec une de mes collègues.
Le professeur Debout, rappelait que beaucoup de salariés étaient en attente de reconnaissance dans leur travail.
Or, comme nous l’évoquions avec ma collègue, la reconnaissance, en fonction de notre histoire de vie et de nos valeurs, en fonction bien souvent de notre place dans l’organigramme n’est pas perçu de la même façon.
Là où pour les uns, la reconnaissance se limitera au fait d’être rémunéré de manière juste en regard du travail et des compétences mis au profit de l’entreprise, de plus en plus une dimension humaine se fait jour, reconnaissance de la qualité du travail, félicitations, encouragement, valorisation, conseil, confiance deviennent des composants de cette reconnaissance.
Plus le climat social, de l’entreprise ou de la société est dégradé, comme nombre d’entreprises l’ont connu avec la crise, plus les efforts sont importants, et la reconnaissance “normale” difficile à obtenir (augmentation, prime, évolution, formation) plus on peut penser que la dimension humaine prends une importance. C’est cette qualité relationnelle qui tisse la solidarité, l’interdépendance et la confiance si nécessaire pour une ambiance de travail collaborative.
Dans un article de 2008, Gaëlle, sur son blog en aparté, remet en perspective certains enjeux de la reconnaissance au travail et des ressources sur la question.
Au delà de ces considérations, il est particulièrement intéressant de noter, que dans la reconnaissance, comme dans le stress, la santé mentale ou la motivation l’intrication de facteurs personnels, collectifs et organisationnels est très forte, rendant le rôle de l’entreprise, des managers et des personnes plus complexes. Où s’arrête le rôle de l’employeur, que faut il faire pour être performant, est ce accessible à toutes les organisations, ou seulement aux plus grosses qui disposent d’experts en interne à même de travailler ces questions et d’apporter conseils et outils pour la mise en œuvre de conditions de travail idéales, si tant est qu’elles existent.
Temps de rédaction : 25 minutes
avril 17, 2010 at 18:17 · Filed under psychologie
Je suis depuis quelques semaines avec beaucoup de plaisir le blog de Christophe André. Ce psychiatre que j’ai découvert voilà plusieurs années dans L’estime de soi co-écrit avec François Lelord, a également écrit ou co-écrit un grand nombre d’ouvrages traitant notamment des questions d’angoisses, d’anxiété, de bonheur, et de toutes sortes de questions que l’on peut être amener à se poser dans la vie.
Christophe André se situe dans une mouvance de professionnels qui focalise largement sur les facteurs de réussite et d’épanouissement de l’individu et pas seulement sur ses symptômes et pathologies. Tout comme on le trouve dans la psychologie positive, cette approche constitue une source d’espoir dans une monde où la tentation de tout psychologiser et de voir du pathologique dans chaque situation est partout.
Son blog présente presque chaque jour un petit article, inspiré du quotidien et riche d’enseignement.
Temps consacré à l’article : 10 minutes.
mars 27, 2010 at 11:50 · Filed under Lu vu entendu, Pratiques RH, Responsabilité Sociétale de l'Entreprise
La négociation en cours entre les partenaires sociaux sur la question du harcèlement et de la violence au travail a avancé en cette fin de semaine.
En effet, alors que les syndicats patronaux se refusaient dans l’accord à reconnaitre la part de responsabilité que peut avoir toute organisation dans le développement de pratiques de harcèlement, cela apparaissait comme une condition sinequanone pour les syndicats de salariés.
Un compromis dans la formulation a finalement été trouvé, traduisant une avancée majeure dans la responsabilité de l’organisation du travail et du management sur ces problématiques, très proches des enjeux et questions de risques psychosociaux, renforçant le poids pour l’entreprise de la prévention et la prise en charge de ces situations.
Retrouvez l’article du monde sur la question :
http://www.lemonde.fr/socie…
Définitions.
Selon les termes de l’accord, le harcèlement survient “lorsqu’un ou plusieurs salariés font l’objet d’abus, de menaces et/ou d’humiliations répétés et délibérés dans des circonstances liées au travail“. La violence “va du manque de respect à la manifestation de la volonté de nuire“, “de l’incivilité à l’agression physique” et peut prendre la forme “d’agressions verbales, comportementales, notamment sexistes, d’agressions physiques“. Il est précisé que “les phénomènes de stress” qui “découlent de facteurs tenant à l’organisation du travail, l’environnement de travail ou une mauvaise communication dans l’entreprise” peuvent aussi entraîner un harcèlement et de la violence au travail.
Prévention.
L’employeur doit “manifester une vigilance accrue à l’apparition de certains indicateurs“, comme “des conflits personnels répétés” ou “des plaintes fréquentes de la part de salariés“. Mais la prévention passe aussi par “une meilleure sensibilisation et une formation adéquate des responsables hiérarchiques et des salariés“, ainsi que par “des mesures visant à améliorer l’organisation, les processus, les conditions et l’environnement de travail“.
Actions.
En cas de harcèlement ou de violence au travail, l’entreprise examinera “l’ensemble des éléments de l’environnement de travail“, comme les “comportements individuels, le modes de management, la relation avec la clientèle, mode de fonctionnement de l’entreprise, etc.“. Les salariés harcelés ou agressés doivent faire l’objet d’un accompagnement (soutien médical, psychologique, aide à la réinsertion, voire accompagnement juridique).
février 10, 2010 at 22:05 · Filed under Actualités, Société
En France alors que les enjeux électoraux tournent beaucoup autour des présidentielles et des législatives qui en découlent, la tentation de nationaliser le débat politique autour des autres échéances, notamment pour les conseils régionaux et généraux (bientôt fondu en une seule collectivité territoriale et des conseillers territoriaux).
Aujourd’hui encore à l’approche des élections régionales, le mécontentement d’une partie des français vis à vis du gouvernement, et le fait que la majorité des régions soient elles à gauche depuis 2004, pousse à tout mélanger. Le fait que beaucoup d’entre nous méconnaissent les domaines dans lesquels les régions sont compétentes n’aide pas à y voir clair et à comparer en quoi les partis proposent des positions différentes.
Pour s’y retrouver, un petit récapitulatif :
- L’enseignement secondaire, principalement les lycées, les régions pourraient reprendre au cours du prochain mandat les collèges également.
- Economie, emploi et formation, avec le développement des entreprises, la promotion de l’employabilité et de la formation continue.
- Les transports, qui pèsent lourds dans les budgets avec les TER
- La recherche, l’enseignement supérieur et les nouvelles technologies
- L’environnement
- Le logement et la ville
- La solidarité
- Culture, sports et loisirs
- Europe et international
Vous pouvez retrouver les réalisations du conseil régional IDF.
Le budget 2010 de la région Rhône Alpes dans les différents domaines évoqués ci dessus avec quelques réalisations.
Les publications de la région Rhône Alpes.
Les sites de l’UMP, du PS, d’Europe Ecologie et du Modem en Rhône Alpes
janvier 18, 2010 at 13:46 · Filed under Actualités, Education et enseignement, Société
Le débat actuel autour de l’identité nationale lève en France de nombreuses questions, de nombreux malentendus et préjugés. Les français originaires d’Afrique (Maghreb et Afrique noire) en font assez largement les frais du fait de la différence culturelle qui accentue le sentiment d’altérité. L’islam et les musulmans sont particulièrement visés du fait de la prise de position récente des Suisses sur les minarets, de la mission d’information parlementaire sur le niqab et la burqa, ces voiles intégraux pour les femmes que portent majoritairement des extrémistes et fondamentalistes.
On oublie trop souvent qu’une part de ces Français est tout autant athée ou agnostique, que ceux d’héritage chrétien (qu’ils soient méditerranéens et plutôt catholiques – Portuguais, Espagnols et Italiens – ou d’europe centrale et orientale – Allemands, Polonais, Grecs, … orthodoxes ou protestants.)
Sur France Inter Dounia Bouzar, anthropologue rappelait que l’important n’est pas tant la foi des uns ou des autres que la laïcité, comme capacité à respecter cette croyance. Elle rappelait d’ailleurs que bien souvent ce sont plus les athées qui ont du mal avec les croyants que les croyants de différentes confessions qui dans des pays très sécularisés comme la France parviennent à s’entendre et à se respecter assez bien. Ainsi un certain nombre de « laïcs » sont en réalité des athées non laïcs, qui s’opposent aux croyants et à leur confession, ne respectant pas le principe de laïcité. Les agnostiques pour leur part sont probablement plus laïcs en cela qu’ils interrogent la possibilité d’un fait religieux transcendant le seul niveau rationnel de nos vies et sont ouverts à cette possibilité.
En France où le poids de l’Eglise a été longtemps très important, la fille ainée de l’église peine aujourd’hui à tolérer les croyances. Raison et foi paraissent de ce fait assez inconciliables.
La science a par certains aspects dans notre pays remplacé la religion, certains scientifiques et citoyens ayant une posture scientiste radicale, excluant l’inexpliqué ou l’inexplicable. Les conflits entre sciences humaines et sociales, moins tranchées dans leurs analyses et orientations d’une part, et les sciences dures (mathématiques, statistiques, biologie, sciences médicales) d’autre part plus « rationnelles » et démontrables sont dans certains domaines nombreuses.
Le débat sur l’identité nationale gagnerait à mon sens à interroger cette question de laïcité, de fraternité et de tolérance et les moyens dont on peut apprendre à vivre ensemble et à se respecter. Dans un monde où les grands ensembles (Europe, Amérique du Nord, grand pays en développement) partagent des valeurs, pratiques, économies, politiques parfois en opposition, apprendre aux citoyens au niveau des états à vivre ensemble relève du bon sens pour que les citoyens du monde de demain acceptent de vivre avec cette diversité plutôt qu’en uniformisant le monde.
janvier 18, 2010 at 13:33 · Filed under Lu vu entendu
Je vous retranscris ci après ce texte reçu aujourd’hui par une amie
On se persuade souvent soi-même que la vie sera meilleure après s’être marié, après avoir eu un enfant, et ensuite, après en avoir eu un autre…
Plus tard, on se sent frustré, parce que nos enfants ne sont pas encore assez grands et on pense que l’on sera mieux quand ils le seront.
On est alors convaincu que l’on sera plus heureux quand ils auront passé cette étape.
On se dit que notre vie sera complète quand les choses iront mieux pour notre conjoint, quand on possédera une plus belle voiture ou une plus grande maison, quand on pourra aller en vacances,
quand on sera à la retraite…
La vérité est qu’il n’y a pas de meilleur moment pour être heureux que le moment présent.
Si ce n’est pas maintenant, quand serait-ce?
La vie sera toujours pleine de défis à atteindre et de projets à terminer.
Il est préférable de l’admettre et de décider d’être heureux
maintenant qu’il est encore temps.
Pendant longtemps, j’ai pensé que ma vie allait enfin commencer, ‘ La Vraie Vie! ‘Mais il y avait toujours un obstacle sur le chemin, un problème qu’il fallait résoudre en premier, un thème non terminé,
un temps à passer, une dette à payer.
Et alors la vie allait commencer ! ! ! !
Jusqu’à ce que je me rende compte que ces obstacles étaient justement ma vie.
Cette perspective m’a aidé à comprendre qu’il n’y a pas un chemin qui mène au bonheur.
Le bonheur est le chemin..
Ainsi passe chaque moment que nous avons et plus encore :
quand on partage ce moment avec quelqu’un de spécial, suffisamment spécial pour partager notre temps et, que l’on se rappelle que le temps n’attend pas.
Alors, il faut arrêter d’attendre de terminer ses études, d’augmenter son salaire, de se marier, d’avoir des enfants, que ses enfants partent de la maison ou, simplement, le vendredi soir, le dimanche matin, le printemps, l’été, l’automne ou l’hiver, pour décider qu’il n’y a pas de meilleur moment que maintenant pour être heureux.
LE BONHEUR EST UNE TRAJECTOIRE ET NON PAS UNE DESTINATION !
Il n’en faut pas beaucoup pour être heureux.
Il suffit juste d’apprécier chaque petit moment et de le sacrer comme l’un des meilleurs moments de sa vie.
janvier 4, 2010 at 22:39 · Filed under Société
Engagé depuis plusieurs années dans de plusieurs associations, je continue d’être surpris par les contraintes qui pèsent sur ces dernières et les difficultés de fonctionnement auxquelles elles sont confrontées.
Il faut dire que comme les associations reposent très largement sur le bénévolat, c’est avant tout un engagement sur des valeurs, des projets, des intérêts personnels plus ou moins partagés qui poussent les membres à s’investir. C’est ce qu’ils y vivent, ce qu’ils partagent, les rencontres qu’ils font, le sens qu’ils trouvent à ce qu’ils font gratuitement qui les poussent à rester et à donner autant.
C’est aussi pour partie cela qui explique le manque de professionnalisme du secteur, en terme de rigueur, budgétaire et administrative. Le très grand nombre de petites associations, la faible mutualisation des ressources, documents, implique la multiplication d’un travail avec une faible valeur ajoutée, la difficulté à capter un public d’adhérents, participants, bénévoles. Dans celle ci peut être plus encore que dans les plus grandes avec des salariés, les conflits de personnes peuvent être fatal au bon fonctionnement de l’association, puisque les raisons de l’investissement sont profonds, les divergences sont d’autant plus violentes.
Le fonctionnement associatif présente des spécificités assez méconnues des bénévoles et dirigeants associatifs. Le travail, la documentation et les ressources fournis à ce titre par des personnes comme Laurent Samuel et son blog association 1901 sont d’une richesse pour nous. Je reste surpris de voir comment sur des questions aussi essentielles que les statuts, la gouvernance, la transparence qui impacte le bon fonctionnement et le développement des associations pour atteindre ses buts sont insuffisamment pris en compte.
Par ailleurs, les associations ont pour certaines une large part de leur financement qui provient des collectivités territoriales ou de l’état, financement en constante régression. L’article de Hugues Sibille et Viviane Tchernonog, sur le modèle économique des associations pointe bien l’enjeu de ces questions, et l’importance qu’il y a pour ces dernières à ne pas rester passive face à l’évolution de la société, alors même que les associations sont sources d’une richesse sociale, économique et présente une réelle valeur.
Pour aller plus loin sur la question, je vous invite à lire l’article de rentrée Laurent Samuel, sur les perspectives et les enjeux actuels : Vous avez aimé 2009 ? Vous allez adorer 2010
décembre 20, 2009 at 22:00 · Filed under Education et enseignement, Innovation et recherche, Société
Je retranscrit ci après le manifeste trouvé chez Olivier Ertzscheid, pourvoyeur de contribution de qualité.
Tribune publiée le 7 décembre 2009 sur le site de Mediapart : http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/071209/pour-un-manifeste-des-sciences-humaines-et-soci
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Dix présidents d’université s’allient pour rappeler «que les universités de SHS ont des taux d’insertion professionnelle identiques à ceux des autres domaines, que l’investissement dans l’enseignement supérieur produit individuellement un différentiel de revenu sensible en faveur des diplômés, que les gisements d’emplois futurs se trouvent dans le secteur tertiaire et les services, que les formes de valorisation de la recherche varient d’un secteur à l’autre et qu’à ce titre les SHS contribuent aussi largement au prestige international de notre pays et à son attractivité…
Au-delà des slogans éphémères qui cachent souvent l’absence de véritable ambition, nous sommes tous convaincus que les universités de lettres et de sciences sociales ont un rôle clé à jouer dans le monde qui nous entoure et dans son évolution. Peu importe le nom qu’on lui donne, il est évident, et participe pleinement au caractère démocratique des sociétés modernes : démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur et accueil d’étudiants de première génération, dont les familles ne sont pas passées par l’Université, formation critique et à la critique sans laquelle il n’est pas de citoyenneté vivante, internationalisation des cursus étudiants et des perspectives de recherche, perpétuation de disciplines séculaires qui constituent des strates indispensables de l’architecture du savoir et invention de nouveaux objets qui ne prennent sens qu’avec les humanités et les sciences sociales (le développement durable, l’économie de la santé, les post-colonial studies, …). Cette situation n’a rien de nouveau : depuis l’après-guerre, et surtout depuis la première grande démocratisation de l’enseignement supérieur au cours des années 1960, les universités de lettres et de sciences sociales se sont trouvées au centre des transformations mêmes du monde social. Pendant longtemps, ce sont bel et bien les universités, mais aussi des grandes écoles ou des institutions dédiées à la recherche, qui ont contribué à faire exister de nouvelles demandes sociales, de nouvelles attentes, de nouvelles exigences de justice. Ce fut notamment le cas, nous le savons tous, de la critique de la sélection scolaire et de ses effets de reproduction sociale, si favorables aux enfants issus des classes dominantes alors même que l’institution scolaire célébrait le mérite individuel, l’égalité supposée de tous, la promotion par l’école: cette préoccupation, ce souci de corriger les mécanismes invisibles qui ferment les filières d’excellence aux enfants socialement les plus démunis, ce désir de démocratiser enfin véritablement l’enseignement secondaire et supérieur qui s’imposent avec une force inédite à la fin des années soixante, ne sont pas séparables des avancées de la sociologie de l’éducation, qui fait, avec quelques grands livres, entrer ces questions dans le champ politique public.
Ce constat pourrait être étendu à d’autres secteurs des SHS d’après-guerre, qu’il s’agisse des statistiques publiques ou des études démographiques : c’est bien souvent la logique de la recherche et de la pédagogie en SHS qui a fait exister telle ou telle question comme objet de préoccupation publique partagé, comme enjeu de société par exemple pour le vieillissement de la population, la désertification rurale et l’aménagement du territoire, ou encore la redistribution des richesses. Au cours des dernières décennies -c’est-à-dire sans doute à partir des années 1980-, un glissement profond s’est produit, dont nous sentons aujourd’hui encore vivement les conséquences. Les conflits qui traversent le monde social ont bien entendu continué à concerner la redistribution des richesses et l’accessibilité des enfants des classes populaires aux filières les plus cotées de l’enseignement supérieur, mais ils ont été aussi redoublés par d’autres revendications ou d’autres attentes, qui relevaient cette fois bien davantage de la reconnaissance que de la seule redistribution : reconnaissance de la différence religieuse, culturelle ou sexuelle, critique des formes latentes ou explicites de discrimination, prise en compte des situations de handicap etc…
Or ce ne sont pas, ou pas seulement, les universités et les grandes écoles qui ont fait exister ces questions et ces revendications, mais aussi les acteurs sociaux, les associations, les partis politiques traditionnels ou nouveaux (comme les Verts). La position des universités a donc été probablement plus morcelée, moins visible, moins sûre d’elle-même qu’au cours des années 1960-1970, à la fois parce que les disciplines qui pouvaient porter les réponses et donner des éléments solides de critique étaient inexistantes dans les universités ou alors dominées (Gender and Queer Studies, psychologie sociale…) et parce que les institutions d’enseignement supérieur et de recherche étaient elles-mêmes objet de critiques sur leurs propres pratiques de recrutement et de promotion :combien de femmes parmi les présidents d’Universités ou les directeurs de grandes écoles, combien de personne issues de l’immigration ? Le rôle des universités en a été transformé, au moment même où elles devaient accueillir, justement, des publics nouveaux, eux-mêmes demandeurs de reconnaissance et de justice. Mais aujourd’hui ces mêmes universités sont confrontées à une crise d’une toute autre ampleur, qui n’est en rien propre à la France et que l’on rencontre presque sous les mêmes traits en Allemagne, en Italie ou en Angleterre, mais que les réformes politiques récentes ont sans conteste contribué à rendre plus aigue : baisse annoncée des effectifs, particulièrement criante dans certains secteurs comme les langues, incertitude sur l’avenir de leurs équipes de recherche en raison des bouleversements qui affectent les grands organismes et de la montée en puissance de l’ANR, invitation pressante, voire brutale, à se soumettre à des modes d’organisation et de financement étrangers à leurs habitudes et souvent aléatoires voire illusoires, mise en demeure de produire à des fins d’évaluation des indicateurs peu adaptés aux humanités et aux sciences sociales, confrontation, ici ou là, à un discours anti-intellectuel qui les relègue au rang de simples utilités…
Les débats et les grèves de l’année écoulée ont montré que toutes les universités ne sont pas également confrontées aux mêmes problèmes et qu’au-delà des enjeux généraux (sur les carrières, les moyens, les bâtiments notamment) il existe aussi des questions spécifiques aux grandes universités de lettres et de sciences humaines. Comment défendre et valoriser leur recherche, qui a évidemment bien d’autres débouchés que les brevets ? Comment faire comprendre et reconnaître que la bibliométrie, même mâtinée d’autres indicateurs, aura des effets désastreux en invitant les chercheurs à une spécialisation très forte et très rapide, à la multiplication des versions successives des mêmes travaux ? Comment redonner aux plus brillants des universitaires en début de carrière le goût de l’investissement collectif si tout se résume finalement au nombre d’item que chacun pourra lister dans sa fiche personnelle ? Comment faire entendre que la recherche en sciences humaines se fait dans des équipes souvent sans murs, dans des réseaux, des participations croisées ? Comment éviter que les masters concours ne conduisent à la disparition pure et simple des secteurs disciplinaires entiers et de la formation à la recherche des étudiants ? Comment éviter que le contrat doctoral ne conduise à un formatage desséchant des thèses dont certains PhD américains donnent l’exemple peu convaincant ? Comment accueillir mieux des étudiants d’origines de plus en plus variées ? Bref, comment faire pour que nos universités restent ce qu’elles ont toujours été : un lieu d’inventivité et de promotion sociale.
C’est justement pour porter collectivement une réflexion sur ces questions cruciales et pour redevenir force de proposition audible, que nos universités entendent constituer entre elles une fédération ou une association, qui sera tout autre chose qu’un club ou un lobby : un groupe de réflexion et de proposition à qui il appartiendra, par exemple, de rappeler que les universités de SHS ont des taux d’insertion professionnelle identiques à ceux des autres domaines, que l’investissement dans l’enseignement supérieur produit individuellement un différentiel de revenu sensible en faveur des diplômés, que les gisements d’emplois futurs se trouvent dans le secteur tertiaire et les services, que les formes de valorisation de la recherche varient d’un secteur à l’autre et qu’à ce titre les SHS contribuent aussi largement au prestige international de notre pays et à son attractivité…
- Olivier Christin, président de l’Université Lyon 2
- Patrice Brun, président de l’Université Bordeaux 3
- Alain Spalanzani, président de l’Université Grenoble 2
- Lise Dumasy, présidente de l’Université Grenoble 3
- François Le Poultier, président de l’Université Nancy 2
- Anne Fraïsse, présidente de l’Université de Montpellier 3
- Georges Molinié, président de l’Université Paris 4
- Pascal Binczak, président de l’Université Paris 8
- Bernadette Madeuf, présidente de l’Université Paris 10
- Marc Gontard, président de l’Université Rennes 2
novembre 22, 2009 at 15:29 · Filed under Education et enseignement, Lu vu entendu, Santé, Société, Théorie, psychologie
A la demande d’un collègue et ami, Thomas Saïas, j’ai pris part il y a bientôt un an à la co-écriture d’un chapitre dans le premier ouvrage en français sur la psychologie positive. Nous avons pour notre part commis le chapitre sur la psychologie communautaire, démarche encore peu connue et développée en France, mais existant de longue date dans d’autres pays comme l’a montré le congrès européen de psychologie communautaire qui a eu lieu fin octobre à Paris.
Introduction à la psychologie positive, dirigé par Jacques Lecomte, fait 310 pages et compte 18 chapitres. Il est structuré selon les trois niveaux constitutifs de la psychologie positive : le niveau personnel, le niveau interpersonnel, et le niveau social et politique. Bien sûr, chaque niveau comprend ensuite plusieurs chapitres, aussi voici le plan d’ensemble des thèmes traités dans l’ouvrage :
Introduction : qu’est ce que la psychologie positive ?
Première partie - La Psychologie Positive : un art de vivre avec soi-même
1. Les émotions positives : à quoi servent-elles et comment les savourer ?
2. Entre Candide et Cassandre : la nécessaire complémentarité de l’optimisme et du pessimisme
3. La motivation est-elle positive ?
4. Les trois facettes du sens de la vie
5. Le vieillissement réussi
6. La psychologie positive : un nouvel élan pour la psychothérapie
Deuxième partie - La psychologie positive : un art de vivre avec autrui
7. Les compétences psychosociales chez l’enfant
8. L’impact du soutien social sur la santé
9. Tirer parti de ses problèmes de couple
10. Les trois composantes de l’empathie
11. La psychologie de la gratitude
12. Le pardon : une porte ouverte sur l’avenir
Troisième partie : La psychologie positive : instrument de changement social
13. La motivation humaine pour la justice
14. Origines et enjeux actuels de la psychologie communautaire
15. La psychologie sociocognitive au changement social par les médias
16. Qualité environnementale et comportements écocitoyens
17. La justice restauratrice
18. La réconciliation entre ennemis est possible : voir, communiquer et agir autrement
Article inspiré de celui de Charles Martin-Krumm sur son blog.
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