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Salariés : Une nouvelle génération ?

Alors que les articles se multiplient, la liste des constats et des inquiétudes s’allongent. Y aurait-il une incompréhension entre les entrants dans le monde du travail et leurs ainés? C’est ce que beaucoup semblent penser. Qu’on les appelle Génération Y, Génération P, Millenials, créatifs culturels, les recruteurs, les dirigeants et les autres cherchent à les comprendre et à cerner le mode de fonctionnement de ces jeunes (nés, si on s’en réfère aux sociologues, entre 1978 et 1994). Mais qu’est ce qui les différencie ?

En premier lieu, leur héritage culturel : ces jeunes n’ont pas ou peu de souvenir des totalitarismes qu’ont connu les générations précédentes, ils ont grandis pour beaucoup dans des familles monoparentales ou recomposées, et fait peut être le plus marquant, ils ont pour la majorité grandi avec le développement des NTIC, de l’informatique et de la mobilité. Cet élément à lui seul explique une bonne partie des décalages entre les deux générations tant il est naturel (a fortiori pour les plus jeunes) d’être joignable 24h/24 sur son portable, de pouvoir discuter via le web avec des personnes de l’autre coté de la planète, ou d’aller de Lille à Marseille en quelques heures.

Autre élément, toutes ces personnes ont évolués dans un monde qui apparaît comme “désenchanté”, le plein emploi est une lointaine chimère, l’environnement semble déréglé, l’économie de marché parait avoir pris le pas sur la dimension sociale dans de trop nombreux cas. Cet individualisme forcené déployé dans les décennies passées a conduit cette génération à se couper du groupe, perdant certaines valeurs et un attachant à une morale sociale. Au demeurant cela les a conduits à ce jour à découvrir l’importance de la collaboration et de la solidarité, d’autant plus qu’ils étudient plutôt plus que leurs parents, voyagent plus, sont friands de rencontres et d’expériences. Cette génération plus que toute autre s’est aperçue que dans des fonctionnements en réseau et collaboratifs (cf web 2.0, les plateformes collaboratives, le fonctionnement en mode projet, le monde virtuel, …) c’est l’information qui est prégnante, la capacité à la gérer, à la diffuser et à contrôler les connaissances associées.

On peut songer à une rupture, un risque de scission entre anciens et nouveaux, et des bouleversements ne sont pas à exclure. Il n’en demeure pas moins que cette génération est solidaire dans une large mesure, est qu’on retrouve aujourd’hui (de manière plus diffuse) dans toute la population des gens ayant un net intérêt pour autrui (entreprenariat social, solidarité internationale), pour la nature (environnement, écologie, bio), pour un épanouissement de l’individu (développement personnel et spiritualité) qui efface nombre des repères que nous avions auparavant.

Alors quel sera le monde de demain, comment et par qui sera-t-il modelé ? Une chose est certaine pour les entreprises, la communication va devenir une compétence clé si l’on souhaite éviter une incompréhension irréductible tant avec ses clients, que ses salariés et les différentes parties prenantes. Cette génération comme les précédentes a su développer des compétences fortes et la rencontre des genres pourra être source d’une véritable richesse et d’un renouvellement de l’économie et du monde du travail, propre à relever les défis de demain.

La bonne volonté, l’ouverture et la remise en question seront probablement les clés de ce changement.

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