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Archive for avril 23, 2008

Financements, internationalisation, étudiants … Quelle attractivité pour les établissements ?

Alors que le classement de Shangaï a fait parler de lui depuis quelques années reléguant la majorité de nos universités et plus encore des grands établissements à de lointaines places du classement, les démarches pour gagner en visibilité se sont accrues.

Nous savons que la société de demain sera plus que celle d’hier une société de l’information et de la connaissance, la place de la recherche et de l’enseignement supérieur progresse encore trop lentement de l’avis de nombre d’acteurs. Les crises qu’ont connues il y a quelques années la recherche publique (Mouvement sauvons la recherche) et les universités (grève autour du CPE) ont exprimé ce malaise.

La création des pôles de compétitivités visant à développer les synergies entre acteurs au niveau local pour attirer et renforcer les compétences et expertise d’enseignement, de recherche et d’industrie sont l’un des signes du besoin de visibilité et d’attractivité des établissement de recherche et d’enseignement.

Dans la même logique, le regroupement d’un ensemble d’établissements dans le cadre des Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur (PRES) pour développer, favoriser et mutualiser certaines démarches et accroitre la visibilité et l’attrait d’une ville et de ses établissements d’enseignement, comme l’Université de Lyon ou les autres PRES (A Paris, Aix-Marseille, Bordeaux, Nancy, Toulouse).

Dans une internationalisation croissante, la valorisation de la recherche et l’identité commune accroissent la reconnaissance et crédibilise une politique commune des différents établissements.

Au-delà de ces aspects en train de se structurer, développer la collaboration inter-établissements et les compétences à gérer des réseaux professionnels de ses membres est un facteur clés pour les partenariats et la co-habilitation de diplôme, pour attirer des étudiants, et des financements. Que ce soit dans la gestion de la taxe d’apprentissage, dans des partenariats avec des entreprises ou la mise en place de modules de formation continue, ou dans la gestion des donateurs pour les fondations d’universités en train de se créer les compétences relationnelles seront pour demain des atouts forts.

Conscient que les établissements d’enseignement se doivent à la fois de collaborer pour une plus grande efficacité et faire face à la concurrence étrangère et à la fois s’affirmer, valoriser et développer leurs expertises nous croyons très fortement que les membres et salariés des structures sont un des acteurs majeurs de la réussite et de l’anticipation de l’avenir de l’enseignement.

Enseignement supérieur et réseau d’anciens

A l’heure où les grandes écoles, universités et entreprises étrangères ont depuis longtemps intégrés les concepts d’Alumni, ce terme demeure en France trop souvent méconnu. Les alumni, ces communautés et réseaux d’anciens (élèves, enseignements, collaborateurs, clients) sont une source inestimable de dynamisme et d’attraction pour un établissement, certains n’hésitant pas à faire un cycle dans un grand établissement pour accéder au statut et … à l’annuaire.

Alors que les outils informatiques et les capacités à traiter et suivre les anciens ont démultiplié l’intérêt de ces communautés, les compétences humaines elles tardent à s’installer et à s’enseigner. Les uns et les autres constituent pourtant un redoutable moyen de trouver des enseignants, des tuteurs de stages, et de développer les compétences de ses anciens.

Nombre de réseaux d’anciens organisent en effet des événements, rencontres et rassemblements permettant de garder le contact, de rester informer de ce qui se passe dans le milieu ou de se mettre à jour sur une thématique qui nous intéresse et que l’on a pu perdre de vue. Ces lieux d’échanges permettent également de tisser un réseau riche entre personnes partageant une expérience commune mais ayant atterri bien loin les uns des autres, ouvrant ainsi un champ de possibles et découvertes important.

Enseignement supérieur, projet professionnel, réseaux et insertion

L’enseignement supérieur plus que toutes les autres étapes de formation initiale vise à préparer l’entrée dans le monde du travail. Cette dimension développée depuis quelques années à travers des enseignements et interventions pour préparer le projet professionnel des étudiants inclut dans certains cas des préparations aux entretiens, des ateliers de rédactions de CV et LM, et autres conseils.

Pour autant la sensibilisation et la formation des étudiants et futurs professionnels au networking demeurent sous développés dans la majorité des établissements. C’est bien dommage car les réseaux professionnels des étudiants jouent à plus d’un titre un rôle important dans leur réussite et leur insertion. En premier lieu la rencontre d’anciens de son établissement permet d’entrevoir les possibilités qu’offrent notre formation, de confronter son projet professionnel à la réalité du marché et au contenu des postes auxquels on aspire. En second lieu pour l’étudiant, ces échanges et entretiens le prépare dans une certaine mesure à ses entretiens de recrutement et à faire face à des interlocuteurs professionnels avec un niveau de risque très faible.

Ensuite lorsque l’étudiant apprend à développer son réseau au-delà des anciens de son établissement cela peut contribuer très largement à son insertion professionnelle en lui permettant d’entretenir et des développer des liens professionnels avec des personnes déjà en poste susceptible de leur transmettre des informations pertinentes ou de les mettre en relation avec l’interlocuteur le plus adapté. Car le réseau bien plus qu’une source de piston est devenu aujourd’hui un véritable capital relationnel, qui s’entretient et se développe tout au cours de la vie et permet de trouver un emploi, des affaires, des conseils, des collaborateurs ou les informations importantes sur son marché.

Dans le cadre de la formation continue, ces enseignements sont d’autant plus importants que les étudiants sont pour leur part des professionnels qu’ils soient en poste ou en césure et qu’ils seront capables beaucoup plus rapidement de la mettre en œuvre. Et n’oublions pas qu’une des clés pour avoir un réseau d’anciens, de clients, ou de prescripteurs dynamiques c’est d’avoir avant tout des personnes maitrisant les compétences relationnelles. Alors toujours dubitatifs ?

Augmenter les savoirs, les gérer, les agréger : l’impact des communautés …

Qu’elles soient des structures de petites tailles ou plus importantes comme les universités, les établissements d’enseignement supérieur fédèrent pour une large part des communautés d’enseignants, d’élèves et d’anciens conséquentes. Celles-ci, allant de quelques dizaines à plusieurs milliers de personnes ne sont pas aisées à gérer, et en tirer le meilleur relèvent souvent du casse tête. Un nombre croissant d’enseignants sont des intervenants extérieurs qu’il convient de fédérer, d’identifier, de remplacer parfois à la dernière minute.

Capitaliser les connaissances de ces enseignants, identifier les savoirs et savoirs-faire complémentaires, leur polyvalence, sur quoi ils sont en mesure de participer à la vie de l’établissement est un des axes de développement des établissements envisageable. La mise en œuvre de solutions technologiques (intranet, réseaux sociaux) de plus en plus complètes et complexes ouvrent des possibilités de gestion démultipliée, il serait pourtant vain de croire que la technologie à elle seule permettra d’optimiser cette gestion des connaissances.

La production très importante de contenus par les élèves et les enseignants (a fortiori les enseignants-chercheurs) restent peu valorisée, ne permettant pas de tirer tous les bénéfices des travaux, compétences et complémentarité que constituent les communautés universitaires. Les parcours tant des étudiants que des enseignants, leurs choix, leurs engagements constituent une richesse qui peuvent être exploité au mieux à travers des groupes de pratique, des communautés apprenantes, des réseaux de tutorat et de parrainage.

En capitalisant sur l’acquis et les ressources dont dispose les établissements et leurs membres, en transmettant les méthodologies permettent de les identifier, de les exploiter, de les transmettre et de les développer, on se donne les moyens de préparer les futurs professionnels et les établissements au passage dans une société de l’information.

Enseignement supérieur : concilier des enjeux inconciliables ?

Les structures impliquées dans l’enseignement supérieur sont à ce jour de plus en plus poussées à collaborer entre elles, que ce soit au sein des PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur), des régions, des pôles de compétitivités ou de tout autre dispositif.

Les missions des établissements d’enseignement supérieur impliquent de plus en plus l’orientation et l’insertion professionnelle. Pour autant les COP (Conseiller d’Orientation Psychologue), principaux responsables de ces missions dans le public sont en sous effectif (1 pour 10 000 étudiants voire moins). Ces professionnels décriés par certains et mis en péril (leur recrutement et leur nombre décroit fortement) ne suffisent pas à répondre aux besoins et aux attentes du public, très diversifié.

La réponse à ces questions d’orientation et d’insertion se trouve à différents niveaux, et en cela, il n’y a pas une réponse, mais un ensemble de réponses, des synergies et des collaborations à créer. C’est en cela que la coopération est cruciale. Entre les établissements évidemment de par leur complémentarité (notamment entre écoles et universités), entre les établissements d’enseignement et les structures de recherche, entre les établissements et les services publics (d’emploi, d’orientation, d’aide à la mobilité et aux études) et entre les établissements et les organisations qui accueilleront les étudiants (stagiaires et jeunes diplômés).

Ces mondes, parfois très opposés ont beaucoup à apprendre les uns des autre, et si la coopération s’impose aujourd’hui de plus en plus comme une nécessaire évidence, les changements culturels et de pratiques à consentir ne sont si simples.

Le CES (Conseil Economique et Social) a rendu son rapport sur “l’aménagement du territoire, l’enseignement supérieur et la recherche“(Le rapport).
Ce dernier a l’avantage de présenter un certain de propositions d’amélioration pleine de bon sens concernant le fonctionnement en réseau au niveau territorial, des stratégies régionales d’innovation avec une gouvernance adaptée, le renforcement des missions d’insertion des acteurs de l’enseignement et le développement des possibilités de choix d’orientation et d’études. Autant de mutation qui repose tant sur une évolution organisationnelle, que culturelle et humaine.

Des propositions et évolutions à suivre auxquelles nous essaierons d’apporter notre contribution à travers une veille, des réflexions et des prestations adaptées.

Source : Boivoiry.

Influence de l’environnement scolaire sur les choix d’orientations

Les travaux de Nadia Nakhili apportent un éclairage nouveau sur l’impact de l’établissement dans les choix d’orientation dans l’enseignement supérieur de ses élèves.

“il est mis en évidence que l’environnement scolaire constitue un facteur jouant de manière significative sur les aspirations des lycéens (probabilité d’envisager un type de cursus plutôt qu’un autre et durée des études envisagée). L’environnement scolaire joue de manière significative sur les choix d’études des jeunes à caractéristiques scolaires comparables et à origine sociale donnée. L’effet contextuel mis en évidence est de double nature : agissent conjointement la composition sociale de l’établissement et l’offre locale d’enseignement supérieur (principalement la présence dans l’établissement d’une CPGE).”

Source : http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00260955/fr/

Lu sur la note de veille sur l’éducation de l’IREDU

Thèse : http://tel.archives-ouvertes.fr/docs/00/26/09/55/PDF/07091.pdf