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Archive for septembre 15, 2008

EDVIGE - Peur et fichage : Quelles finalités ?

Sujet traité dans de nombreux blogs et médias depuis plusieurs semaines, le fichier de renseignement EDVIGE concentre depuis la rentrée nombre de critiques à l’encontre du gouvernement.

Depuis 2001 particulièrement, les questions de sécurité ont conduit les organismes en charge de l’anti-terrorisme à vouloir renforcer leur banque de données, leurs moyens d’analyse et de contrôle de la population civile.

Malgré ce que certains ministres en disent EDVIGE n’est pas seulement la continuité des fichiers des renseignements des Renseignements Généraux, désormais intégrés au sein de la DCRI mais bien une continuité et un approfondissement de ces politiques de fichage.

La question de la liberté des citoyens (c’est la ligue des droits de l’homme qui s’est saisi la première de la question), des organes de régulation aptes à suivre ces fichiers (la CNIL en principe dont les moyens ne sont pas suffisants) et l’intérêt de ces fichiers posent questions.
Contribuent ils réellement à une plus grande sécurité dans nos pays et à une lutte contre le terrorisme et des menaces contre nos états ? Peut on par la peur inspirer par le terrorisme et la délinquance légitimer toutes ces mesures ?

Certains plus critiques voient là une dérive politique et sécuritaire pour contrôler toutes les personnes en mesures de s’opposer aux politiques gouvernementales.

Pour aller plus loin :
- Corinne Lepage : l’intérêt d’EDVIGE en regard des autres fichiers déjà existant.
- Isabelle sur le fichage des mineurs et les risques
- Jean-Marc Manach : “Edvige n’est pas fait pour lutter contre l’insécurité”

PS : J’apprends qu’un collectif de professionnels de la santé mentale (principalement des psychologues) a publié le communiqué de presse suivant, où la peur légitime là aussi des mesures de sécurité :

Communiqué de Presse

Lille, le 12 septembre 2008

A la veille d’un colloque « Santé mentale dans la Cité » qui se tient à Lille, le maire de Hem s’est exprimé dans un journal de grande distribution en justifiant son achat de l’arme « Taser » par la phrase « Le risque c’est de tomber sur un fou, un forcené ».

Les représentants des organisations :
- ADESM, Roland Lubeigt
- Centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation en santé mentale, Jean-Luc Roelandt
- Conférence des Présidents des CME-CHS, Yvan Halimi
- FNAPSY (usagers), Claude Finkelstein
- UNAFAM (familles), Bertrand Escaig
- Elus, Santé Publique et Territoires, Laurent El Ghozi
- Association Française de Psychologie Communautaire, Thomas Saïas
- Fédération Française des Psychologues et de Psychologie, Brigitte Guinot

présents ce jour à Lille tiennent à exprimer leur indignation et leur inquiétude quant à de telles déclarations qui créent une confusion stigmatisante et inacceptable entre folie* et dangerosité. Ces propos sont dangereux à la fois pour les usagers mais aussi pour la société par leur ignorance de la réalité et la stigmatisation de la maladie mentale qui touche selon l’OMS 30% des citoyens.

* moins de 5% des crimes et délits sont le fait des malades mentaux