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Archive for Actualités

Elections régionales et enjeux nationaux

En France alors que les enjeux électoraux tournent beaucoup autour des présidentielles et des législatives qui en découlent, la tentation de nationaliser le débat politique autour des autres échéances, notamment pour les conseils régionaux et généraux (bientôt fondu en une seule collectivité territoriale et des conseillers territoriaux).

Aujourd’hui encore à l’approche des élections régionales, le mécontentement d’une partie des français vis à vis du gouvernement, et le fait que la majorité des régions soient elles à gauche depuis 2004, pousse à tout mélanger. Le fait que beaucoup d’entre nous méconnaissent les domaines dans lesquels les régions sont compétentes n’aide pas à y voir clair et à comparer en quoi les partis proposent des positions différentes.

Pour s’y retrouver, un petit récapitulatif :

  • L’enseignement secondaire, principalement les lycées, les régions pourraient reprendre au cours du prochain mandat les collèges également.
  • Economie, emploi et formation, avec le développement des entreprises, la promotion de l’employabilité et de la formation continue.
  • Les transports, qui pèsent lourds dans les budgets avec les TER
  • La recherche, l’enseignement supérieur et les nouvelles technologies
  • L’environnement
  • Le logement et la ville
  • La solidarité
  • Culture, sports et loisirs
  • Europe et international

Vous pouvez retrouver les réalisations du conseil régional IDF.
Le budget 2010 de la région Rhône Alpes dans les différents domaines évoqués ci dessus avec quelques réalisations.
Les publications de la région Rhône Alpes.

Les sites de l’UMP, du PS, d’Europe Ecologie et du Modem  en Rhône Alpes

Laïcité et société moderne

Le débat actuel autour de l’identité nationale lève en France de nombreuses questions, de nombreux malentendus et préjugés. Les français originaires d’Afrique (Maghreb et Afrique noire) en font assez largement les frais du fait de la différence culturelle qui accentue le sentiment d’altérité. L’islam et les musulmans sont particulièrement visés du fait de la prise de position récente des Suisses sur les minarets, de la mission d’information parlementaire sur le niqab et la burqa, ces voiles intégraux pour les femmes que portent majoritairement des extrémistes et fondamentalistes.
On oublie trop souvent qu’une part de ces Français est tout autant athée ou agnostique, que ceux d’héritage chrétien (qu’ils soient méditerranéens et plutôt catholiques – Portuguais, Espagnols et Italiens – ou d’europe centrale et orientale – Allemands, Polonais, Grecs, … orthodoxes ou protestants.)
Sur France Inter Dounia Bouzar, anthropologue rappelait que l’important n’est pas tant la foi des uns ou des autres que la laïcité, comme capacité à respecter cette croyance. Elle rappelait d’ailleurs que bien souvent ce sont plus les athées qui ont du mal avec les croyants que les croyants de différentes confessions qui dans des pays très sécularisés comme la France parviennent à s’entendre et à se respecter assez bien. Ainsi un certain nombre de « laïcs » sont en réalité des athées non laïcs, qui s’opposent aux croyants et à leur confession, ne respectant pas le principe de laïcité. Les agnostiques pour leur part sont probablement plus laïcs en cela qu’ils interrogent la possibilité d’un fait religieux transcendant le seul niveau rationnel de nos vies et sont ouverts à cette possibilité.

En France où le poids de l’Eglise a été longtemps très important, la fille ainée de l’église peine aujourd’hui à tolérer les croyances. Raison et foi paraissent de ce fait assez inconciliables.

La science a par certains aspects dans notre pays remplacé la religion, certains scientifiques et citoyens ayant une posture scientiste radicale, excluant l’inexpliqué ou l’inexplicable. Les conflits entre sciences humaines et sociales, moins tranchées dans leurs analyses et orientations d’une part, et les sciences dures (mathématiques, statistiques, biologie, sciences médicales) d’autre part plus « rationnelles » et démontrables sont dans certains domaines nombreuses.

Le débat sur l’identité nationale gagnerait à mon sens à interroger cette question de laïcité, de fraternité et de tolérance et les moyens dont on peut apprendre à vivre ensemble et à se respecter. Dans un monde où les grands ensembles (Europe, Amérique du Nord, grand pays en développement) partagent des valeurs, pratiques, économies, politiques parfois en opposition, apprendre aux citoyens au niveau des états à vivre ensemble relève du bon sens pour que les citoyens du monde de demain acceptent de vivre avec cette diversité plutôt qu’en uniformisant le monde.

Autrans 2009 - Réflexions et prospectives autour d’internet

Dans le Vercors chaque année les acteurs d’internet se retrouvent pour débattre sur les pratiques, les évolutions et les difficultés rencontrées.

Les rencontres d’Autrans qui ont eu lien en ce début d’année ont donné lieu à de nombreuses conférences. Tout cela peut être retrouver en podcast.

Je vous conseille personnellement une vidéo de 5 minutes, trouvée via Florence Meichel  sur la question du copyright.

Une autre vidéo plus longue, retrouvée via Christian Bensi portant sur les réseaux sociaux. C’est une interview de Pierre Lelong (8 janvier à retrouver dans les podcasts)

La question des copyright


Fabrice EPELBOIN, Intranet Statégy
par RencontresAutrans

Je reviendrais prochainement sur les licences Creatives Commons, puisque je mettrais prochainement mon blog en phase avec celles ci.

Société de l’information, base de données et connexion

Un petit mail humoristique sur ce que pourrais être notre vie dans le futur si des projets comme EDVIGE, le tout sécuritaire, le 0 risque et le développement des nouvelles technologies s’accentuait… un big brother généralisé, croustillant à souhait.

Avec EDVIGE, voilà à quoi pourrait ressembler la commande d’une pizza en 2015 :
(ou les dérives de l’interconnexion des données informatiques)

  Standardiste :
– Speed-Pizza, bonjour. 

Client :
– Bonjour, je souhaite passer une commande s’il vous plaît.

Standardiste :
– Oui, puis-je avoir votre NIN, Monsieur ?
Client :
– Mon Numéro d’Identification National ? Oui, un instant, voilà, c’est le 6102049998-45-54610.

Standardiste :
– Je me présente je suis Habiba Ben Saïd. Merci Mr Jacques Lavoie.
Donc, nous allons actualiser votre fiche, votre adresse est bien le 174 avenue de Villiers à Carcassonne, et votre numéro de téléphone le 04 68 69 69 69. Votre numéro de téléphone professionnel à la Société Durand est le 04 72 25 55 41 et votre numéro de téléphone mobile le 06 06 05 05 01.
C’est bien ça, Monsieur Lavoie ?


Client (timidement) :
– oui !!

Standardiste :
– Je vois que vous appelez d’un autre numéro qui correspond au domicile de Mlle Isabelle Denoix, qui est votre assistante technique.
Sachant qu’il est 23h30 et que vous êtes en RTT, nous ne pourrons vous livrer au domicile de Mlle Denoix que si vous nous envoyez un XMS à partir de votre portable en précisant le code suivant AZ25/JkPp+88

Client :
– Bon, je le fais, mais d’où sortez-vous toutes ces informations ?

Standardiste :
– Nous sommes connectés au système croisé, Monsieur Lavoie

Client (Soupir) :
– Ah bon !…. Je voudrais deux de vos pizzas spéciales mexicaines.

Standardiste :
– Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, Monsieur Lavoie.

Client :
– Comment ça ???…

Standardiste :
– Votre contrat d’assurance maladie vous interdit un choix aussi dangereux pour votre santé, car selon votre dossier médical, vous souffrez d’hypertension et d’un niveau de cholestérol supérieur aux valeurs contractuelles. D’autre part, Mlle Denoix ayant été médicalement traitée il y a 3 mois pour hémorroïdes, le piment est fortement déconseillé. Si la commande est maintenue la société qui l’assure risque d’appliquer une surprime.

Client :
– Aie ! Qu’est-ce que vous me proposez alors ?…

Standardiste :
– Vous pouvez essayer notre Pizza allégée au yaourt de soja, je suis sûre que vous l’adorerez.

Client :
– Qu’est-ce qui vous fait croire que je vais aimer cette pizza ?

Standardiste :
– Vous avez consulté les ‘Recettes gourmandes au soja’ à la bibliothèque de votre comité d’entreprise la semaine dernière, Monsieur Lavoie et Mlle Denoix a fait, avant hier, une recherche sur le Net, en utilisant le moteur ‘_http://www.moogle.fr ‘_avec comme mots clés soja et alimentation. D’où ma suggestion.

Client :
– Bon d’accord. Donnez-m’en deux, format familial.

Standardiste :
– Vu que vous êtes actuellement traité par Dipronex et que Mlle Denoix prend depuis 2 mois du Ziprovac à la dose de 3 comprimés par jour et que la pizza contient, selon la législation, 150 mg de Phénylseptine par 100 g de pâte, il y a un risque mineur de nausées si vous consommez le modèle familial en moins de 7 minutes. La législation nous interdit donc de vous livrer. En revanche, j’ai le feu vert pour vous livrer immédiatement le modèle mini.

Client :
– Bon, bon, ok, va pour le modèle mini. Je vous donne mon numéro de carte de crédit.

Standardiste :
– Je suis désolée Monsieur, mais je crains que vous ne soyez obligé de payer en liquide. Votre solde de carte de crédit VISA dépasse la limite et vous avez laissé votre carte American Express sur votre lieu de travail. C’est ce qu’indique le Credicard Satellis Tracer.

Client :
– J’irai chercher du liquide au distributeur avant que le livreur n’arrive.

Standardiste :
– Ça ne marchera pas non plus, Monsieur Lavoie, vous avez dépassé votre plafond de retrait hebdomadaire.

Client :
Mais ?… Ce n’est pas vos oignons ! Contentez-vous de m’envoyer les pizzas ! J’aurai le liquide. Combien de temps ça va prendre ?

Standardiste :
– Compte-tenu des délais liés aux contrôles de qualité, elles seront chez vous dans environ 45 minutes. Si vous êtes pressé, vous pouvez gagner 10 minutes en venant les chercher, mais transporter des pizzas en scooter est pour le moins acrobatique.

Client :
– Comment diable pouvez-vous savoir que j’ai un scooter ?

Standardiste :
– Votre Peugeot 709 est en réparation au garage de l’Avenir, par contre votre scooter est en bon état puisqu’il a passé le contrôle technique hier et qu’il est actuellement stationné devant le domicile de Mlle Denoix. Par ailleurs j’attire votre attention sur les risques liés à votre taux d’alcoolémie. Vous avez, en effet réglé quatre cocktails Afroblack au Tropical Bar, il y a 45 minutes. En tenant compte de la composition de ce cocktail et de vos caractéristiques morphologiques, ni vous, ni Mlle Denoix n’êtes en état de conduire. Vous risquez donc un retrait de permis immédiat.

Client :
– @#%/$@& ?# !

Standardiste :
– Je vous conseille de rester poli, Monsieur Lavoie. Je vous informe que notre standard est doté d’un système anti-insulte en ligne qui se déclenchera à la deuxième série d’insultes. Je vous informe en outre que le dépôt de plainte est immédiat et automatisé. Or, je vous rappelle que vous avez déjà été condamné en juillet 2009 pour outrage à agent.

Client (sans voix) :
– …

Standardiste :
– Autre chose, Monsieur Lavoie ?

Client :
– Non, rien. Ah si, n’oubliez pas le Coca gratuit avec les pizzas, conformément à votre pub.

Standardiste :
– Je suis désolée, Monsieur Lavoie, mais notre démarche qualité nous interdit de proposer des sodas gratuits aux personnes en surpoids. Cependant à titre de dédommagement, je peux vous consentir 15 % de remise sur une adhésion flash au contrat Jurishelp, le contrat de protection et d’assistance juridique de Speed assurance. Ce contrat pourrait vous être utile, car il couvre, en particulier, les frais annexes liés au divorce.
Vu que vous êtes marié à Mme Claire Lavoie, née Girard depuis le 15/02/2008 et vu votre présence tardive chez Mlle Denoix, ainsi que l’achat il y a une heure à la pharmacie du Canal d’une boîte de 15 préservatifs et d’un flacon de lubrifiant à usage intime.
À titre promotionnel, je vais faire joindre aux pizzas un bon de 5 EUR de réduction pour vos prochains achats de préservatifs valable chez Speed-Parapharma. Toutefois veuillez éviter les pratiques susceptibles d’irriter les hémorroïdes de Mlle Denoix, pour lesquelles Speed-Parapharma se dégage de toute responsabilité.
Bonsoir Monsieur et merci d’avoir fait appel a Speed Pizza.

…’


> > J’veux pas être fiché !!!

> > L. WANES

Articles du 1-09-08 : Environnement et économie

Environnement :

La reforestation comme facteur de lutte contre le réchauffement climatique. Tristan Lecomte, Fondateur d’Alter Eco explique la démarche de son entreprise pour compenser leurs émissions de gaz.

La citadine 100% électrique. Nouvelle venue sur le marché, sans le soutien d’aucun des grands constructeurs, cette iniative à l’heure de l’écologie et de la cherté du carburant pourrait bien faire des émules. Retrouvez REVAi chez marcelgreen.

Alors que les biodiesels ont été fustigés pour leur impact sur la crise alimentaire et la flambée du prix des matières premières (notamment le maïs) deux articles permettent de prendre un peu de recul et de mieux comprendre les enjeux et risques autour de ces carburants. Retrouvez celui sur le diester français et celui sur l’engouement des suédois pour ces véhicules.

Economie

En cette période de crise alors que la désinformation et la mésinformation sont nombreuses, trois articles issus des blogs soutenus par Alternative économiques permettent de mieux comprendre les enjeux et questions auxquelles nous sommes confrontés :

- Christian Chavagneux, sur le rejet du plan Paulson et la crise tant des liquidités que du capital dans laquelle nous sommes actuellement.

- Arnaud Parienty,  sur la mécompréhension de l’usage des finances publiques dans le contexte actuel, où il réexplique d’où provient l’argent et l’impact pour le citoyen

- Gilles Raveaud,  autour des dysfonctionnements de l’Europe économique. “A cause de la règle de l’unanimité, l’Europe ne peut agir.” Un conférencier que j’écoutais disait récemment, que dans une démocratie l’unanimité n’avait pas sa place car, et c’est heureux, nous ne pouvons jamais être tous du même avis. Aussi choisir à l’unanimité c’est faire le jeu des minorités, des extrémismes et s’enliser… un exemple que l’Europe nous offre fréquemment, où les plus puissants s’affrontent et négocient des arrangements pour protéger leurs intérêts plutôt que les intérêts communs.

Nouveaux employés, nouvelles méthodes ?

Relations sociales et risques psycho-sociaux : le travail en question

Un premier petit dossier à lire sur les difficultés de relations sociales et les risques psycho-sociaux. RH, relations inter-personnelles, management, reconnaissance, conditions de travail, autant d’aspects qui jouent, notamment sur le niveau de stress et l’absentéisme. Prendre garde au court terme, au risque de tirer le meilleur des collaborateurs que durant un temps trop court. Lire le dossier.

L’open space m’a tuer

Titre d’un ouvrage récent de Alexandre des Isnards et Thomas Zuber. Alexandre des Isnards qui a répondu aux questions des lecteurs du Monde. Un ouvrage qui tourne autour du mal être et de la souffrance des cadres souvent enviés de par leur salaire et avantages, dont on méconnait les difficultés tant ces derniers n’osent pas s’exprimer et s’opposer, au risque d’être grillé… Ces même cadres qui n’encadrent plus grand chose et s’affichent plus comme des porteurs de projets ponctuels auxquels on vend des rêves, pour des emplois qui manquent de sens et de finalités. Retrouvez l’interview.

Attali et la génération Y

Une interview sur Public Sénat. Même si je ne suis pas d’accord avec tout, mais cette vidéo de 8 minutes, permet de toucher du doigts les mutations en cours motivations  et aspirations de la nouvelle génération qui est entrée sur le marché du travail, l’impact de leur comportement et les conséquences à moyen terme.

Valeurs et employabilité

Un article de Focus Rh, qui complète bien cette série. Où l’on redécouvre que cette jeune génération n’est pas fainéante, coupée du travail, mais où ce sont les facteurs d’adhésions qui ont évolués. S’ajoutent ainsi à la “rémunération, aux conditions matérielles, aux horaires, à l’ambiance, au stress acceptable“, deux nouveaux facteurs de choix : le maintien de leur employabilité et le respect de leurs valeurs. Dans un monde où tout évolue toujours plus vite, arrêter de progresser est comme un arrêt de mort, un risque d’être dépassé, de voir sa carrière interrompue, évoluer est devenu un maitre mot de cette génération. Les valeurs c’est ce qui donne un sens et donne envie de s’investir plus encore. Cette génération plus que les précédentes baignent dans une culture mondiale, technologique, consciente des enjeux sociaux, politiques, environnementaux, une génération engagée encore engagé (25%), pour laquelle le schisme entre la vie privée et la vie professionnelle pose de plus en plus de problème. L’article de Focus RH.

S’insérer, intégrer l’emploi ou y rester

La question de l’insertion professionnelle demeure entière. Alors qu’il s’agissait par le passé bien plus d’un passage entre la fin des études et l’entrée dans le monde du travail il s’agit aujourd’hui bien plus d’un processus récurrent, intégrant des périodes de chômage, de formation continue, parfois de création d’activité ou de projets divers.

Deux publics principaux sont concernés par ces questions d’insertion, même si un ensemble d’autres éléments viennent jouer.

Les juniors.

Qu’ils soient diplômés ou non, l’âge moyen d’insertion professionnelle tend à reculer,  le diplôme même s’il protège encore dans une certaine mesure du chômage, ne suffit plus à immuniser contre la précarité des statuts, nombre de diplômés passent par de l’intérim ou des CDD. Les moins formés, notamment parmi ceux qui n’ont pas de diplômes ou ne sont pas qualifiés (13% d’une classe d’âge, soit environ 120 000 jeunes par an, cf INRP) souffrent d’autant plus de ces difficultés d’insertion, et a fortiori d’une insertion durable et non précaire.

La tentation de faire porter la responsabilité de cet échec scolaire, d’insertion et d’intégration aux autres est grande. A l’éducation et au système d’enseignement, aux services publics d’accompagnement vers l’emploi, aux acteurs économiques ou aux individus eux même. Il m’apparait pour autant évident que cette responsabilité est partagée entre tous ces acteurs, car ils sont parties prenantes d’un même système. Il est certes possible d’améliorer la situation par l’évolution des différents membres du système, mais c’est encore dans une action coordonnée de ceux ci et une politique cohérente que cela est possible.

A l’occasion du lancement du RIJ (Réseau Insertion Jeunes) dont se fait l’écho Christian Bensi, un échange avec Philippe Labbe nous éclaire au moins partiellement sur la complexité de ce dispositif d’insertion des jeunes, où les missions locales sont l’un des principaux intervenants, en tant qu’acteur de proximité, à même d’accompagner les publics les plus en difficultés. Le nombre d’intervenants, la concurrence entre eux, la trop grande spécialisation de leur action ou publicscibles, les budgets et soutiens dont ils bénéficient sont pour partie source des difficultés à accompagner les jeunes, qui se perdent dans les dispositifs même.

Pas de quoi s’étonner donc que même parmi les plus privilégiés, diplômés,  jeunes, cadres, les désertions soient nombreuses et que pour eux la “vraie vie [soit] ailleurs”. C’est du moins ce que titre le monde dans un article de son édition du 17 septembre, brossant le portrait de nombreux cadres dynamiques qui vont voir ailleurs et laisse au monde du travail qu’une part relative de leur vie.

Ils arrivent prévenus sur le marché du travail. Ils ont déjà effectué des stages où ils ont été pressurés, exploités gratuitement, sans même l’aumône d’une poignée de main à la fin. Ils n’auront souvent que des CDD à rallonge, le temps de conduire un projet.Ils ont vu le sort qui a été réservé à leurs aînés, à leurs parents parfois, éjectés sans ménagement parce que moins compétitifs.  “Les jeunes sont investis dans leur carrière, pas dans l’entreprise”, constate Bernard Salengro, secrétaire national de la CFE-CGC.

Les Seniors

Un facteur encore assez récent dont les organisations ont leur part de responsabilité. Ces mêmes organisations qui pourraient se voir forcée par le législateur de faire tomber un autre problème, celui de la réinsertion ou du maintien dans l’emploi des seniors. C’est ce que souligne Cadremploi dans son édito de la semaine, évoquant la taxe senior qui pourrait dès le premier janvier 2010 emputer de 1% de leur masse salariale les employeurs ne menant pas un plan d’action pour l’emploi des seniors.

Ces mêmes séniors, qui pour un certain nombre à l’orée des 45-50 ans ont connus ces dernières années une difficulté croissante à rester employé, que ce soit en partant volontairement à l’issue de retraite anticipée, suite à des PSE, des licenciements ou autres. Les caisses de retraite en sont venues à financer des actions d’accompagnement (bilan de compétences, formation) pour aider leurs cotisants à retrouver un emploi… et à continuer de cotiser.

Junior et sénior les mêmes limites ?

Expérience, salaire, adaptabilité, responsabilité, évolution de carrière, autant de thème qui sont communs aux uns et autres. Trop expérimenté pour les séniors ou trop inexpérimenté pour les juniors, avec des salaires trop élevés ou aspirant à évoluer trop vite, pas assez adaptable ou pas assez affirmé et aguerri, aspirant à trop de responsabilité et d’autonomie pour ceux en fin de carrière ou ceux qui la débutant sont adeptes des TIC et des fonctionnements collaboratifs en réseau, voulant évoluer encore ou rapidement dans leur carrière.

Autant de casse tête auquel se confronte certains employeurs.

A jouer le court terme et l’intérêt de chacun plutôt que la complémentarité et la co-responsabilité de chacun, le risque de voir toutes ces problématiques nous offrir un joli retour de baton est important. Quelles réponses apporter à ces thèmes : éducation, orientation, formation, insertion, emploi, rémunération et relations sociales, fidélité et implication, questions sociales et solidarité, retraite, santé…

Aller plus loin avec les Missions locales :
- Rhône Alpes
- Le conseil national des Missions Locales

EDVIGE - Peur et fichage : Quelles finalités ?

Sujet traité dans de nombreux blogs et médias depuis plusieurs semaines, le fichier de renseignement EDVIGE concentre depuis la rentrée nombre de critiques à l’encontre du gouvernement.

Depuis 2001 particulièrement, les questions de sécurité ont conduit les organismes en charge de l’anti-terrorisme à vouloir renforcer leur banque de données, leurs moyens d’analyse et de contrôle de la population civile.

Malgré ce que certains ministres en disent EDVIGE n’est pas seulement la continuité des fichiers des renseignements des Renseignements Généraux, désormais intégrés au sein de la DCRI mais bien une continuité et un approfondissement de ces politiques de fichage.

La question de la liberté des citoyens (c’est la ligue des droits de l’homme qui s’est saisi la première de la question), des organes de régulation aptes à suivre ces fichiers (la CNIL en principe dont les moyens ne sont pas suffisants) et l’intérêt de ces fichiers posent questions.
Contribuent ils réellement à une plus grande sécurité dans nos pays et à une lutte contre le terrorisme et des menaces contre nos états ? Peut on par la peur inspirer par le terrorisme et la délinquance légitimer toutes ces mesures ?

Certains plus critiques voient là une dérive politique et sécuritaire pour contrôler toutes les personnes en mesures de s’opposer aux politiques gouvernementales.

Pour aller plus loin :
- Corinne Lepage : l’intérêt d’EDVIGE en regard des autres fichiers déjà existant.
- Isabelle sur le fichage des mineurs et les risques
- Jean-Marc Manach : “Edvige n’est pas fait pour lutter contre l’insécurité”

PS : J’apprends qu’un collectif de professionnels de la santé mentale (principalement des psychologues) a publié le communiqué de presse suivant, où la peur légitime là aussi des mesures de sécurité :

Communiqué de Presse

Lille, le 12 septembre 2008

A la veille d’un colloque « Santé mentale dans la Cité » qui se tient à Lille, le maire de Hem s’est exprimé dans un journal de grande distribution en justifiant son achat de l’arme « Taser » par la phrase « Le risque c’est de tomber sur un fou, un forcené ».

Les représentants des organisations :
- ADESM, Roland Lubeigt
- Centre collaborateur de l’OMS pour la recherche et la formation en santé mentale, Jean-Luc Roelandt
- Conférence des Présidents des CME-CHS, Yvan Halimi
- FNAPSY (usagers), Claude Finkelstein
- UNAFAM (familles), Bertrand Escaig
- Elus, Santé Publique et Territoires, Laurent El Ghozi
- Association Française de Psychologie Communautaire, Thomas Saïas
- Fédération Française des Psychologues et de Psychologie, Brigitte Guinot

présents ce jour à Lille tiennent à exprimer leur indignation et leur inquiétude quant à de telles déclarations qui créent une confusion stigmatisante et inacceptable entre folie* et dangerosité. Ces propos sont dangereux à la fois pour les usagers mais aussi pour la société par leur ignorance de la réalité et la stigmatisation de la maladie mentale qui touche selon l’OMS 30% des citoyens.

* moins de 5% des crimes et délits sont le fait des malades mentaux

Orientation… les COP, une espèce en voie de disparition ?

Souvent décriés, régulièrement pointés du doigt, les conseillers d’orientations psychologues sont pour beaucoup des professionnels expérimentés et compétents.

Pourquoi une telle insatisfaction et critique me direz vous ? La responsabilité en incombe pour une bonne part à leur rôle, missions et statut au sein du système d’enseignement, tout autant qu’à leur faible nombre. Ils sont tout juste quelques milliers pour l’ensemble des élèves de secondaire et de supérieur, chacun ayant à gérer entre 800 et 10 000 personnes sur sa zone de responsabilité, autant dire une gageure.
(Pour ceux que ça intéresse je peux vous fournir plus d’infos sur la question).

Quoi qu’il en soit après la diminution des recrutements et postes ouverts que l’on a pu observer ces dernières années, le dernier rapport du Haut conseil à l’éducation semble porter une fois encore au pilori ces professionnels méconnus.

“Le HCE constate qu’à “l’issue du collège, environ quatre élèves sur dix considère que leur orientation a été plus subie que voulue”. L’orientation consiste en effet “à trier les élèves en fonction de leurs seuls résultats scolaires dans les savoirs abstraits” et elle “tend à procéder par exclusions successives vers des voies ou des filières moins considérées”, selon le rapport.”

“Pour y remédier, le HCE estime que les régions devraient prendre en charge l’accueil et l’information des jeunes qui ont à s’orienter, des missions aujourd’hui dévolues à un trop grand nombre de structures. Les conseillers d’orientation-psychologues actuels seraient maintenus, mais “le recrutement ne serait pas poursuivi”, prône aussi le rapport. La fonction d’orientation serait également exercée par des enseignants (à temps partiel) et “des spécialistes déjà reconnus de l’insertion professionnelle, de l’emploi, de la formation continue, ainsi que des représentants des milieux professionnels”.”

http://tf1.lci.fr/infos/france/societe/0,,3905395,00-orientation-rime-trop-exclusion-.html

http://www.lesechos.fr/info/france/300279123.htm

Vous pouvez retrouver le rapport dans son intégralité (une trentaine de page écrit gros) sur le cite du HCE :
http://www.hce.education.fr/gallery_files/site/21/49.pdf

NB : Non je ne suis pas naïf il y a aussi des COP incompétents comme partout, des fonctionnaires par dépit et de mauvais professionnels frustrés et lassés de ce métier, mais globalement sur ceux que j’ai rencontré dans le cadre de mon mémoire j’ai plutôt vu des professionnels impliqués, débordés et faisant de leur mieux avec des moyens ridicules, ce qui est sans aucun doute plus représentatif de la profession.

Mise à jour du 13/07

Je viens de tomber sur deux articles. L’un de Christian Bensi qui apporte un éclairage complémentaire sur les réformes susceptibles d’être mise en œuvre dans le domaine de l’orientation. Il reprend par ailleurs le rapport d’un point de vue critique avec ses incohérences et ses limites tout autant qu’avec les points d’attention et d’efforts intéressants. L’autre du blog Bafouillages qui se consacre à la sociologie ; on retrouve une interview de Bourdieu qui n’est pas sans rappeler les mécanismes d’auto-exclusion et de discriminations implicites que peut entretenir tout système.

Veille internet

Quelques sites et articles découvert ces jours ci autour de l’enseignement et des ressources humaines.

  • Le site sur les contrats de professionnalisation édité par la FFP (Fédération de la Formation Professionnelle) - www.contratdepro.fr

  • Le site des initiatives réalisées dans le cadre du projet Equal depuis plus de 5 ans. Ce projet européen subventionne et participe à différentes activités visant à promouvoir l’égalité des chances (lutte contre les discriminations, gestion des âges, économie sociale, …) - http://www.idequal.fr/
  • 3° congrès RIODD - Réseau International de Recherche sur les Organisations et le Développement Durable - à Lyon les jeudi et vendredi 5&6 Juin. Le RIODD est avec l’ADERSE (Association pour le Développement de l’Enseignement et de la Recherche sur la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise) l’une des principales organisations travaillant sur l’impact du Développement Durable sur le monde de l’entreprise.
  • Universités  : vrais problèmes et fausses solutions, un entretien avec André Legrand.
    Le salut des universités viendra d’abord d’une politique plus ambitieuse et des efforts des universités et des universitaires eux-mêmes  : un travail sur l’évaluation des formations, la qualité de leurs diplômés, la diversification et l’amélioration des débouchés auxquels elles ouvrent.

  • Les coopérations-publics-privés pour innover en France. Une note d’information du ministère de l’education nationale sur les recours aux chercheurs du secteur public par les entreprises du secteur privé.
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