janvier 4, 2010 at 22:39 · Filed under Société
Engagé depuis plusieurs années dans de plusieurs associations, je continue d’être surpris par les contraintes qui pèsent sur ces dernières et les difficultés de fonctionnement auxquelles elles sont confrontées.
Il faut dire que comme les associations reposent très largement sur le bénévolat, c’est avant tout un engagement sur des valeurs, des projets, des intérêts personnels plus ou moins partagés qui poussent les membres à s’investir. C’est ce qu’ils y vivent, ce qu’ils partagent, les rencontres qu’ils font, le sens qu’ils trouvent à ce qu’ils font gratuitement qui les poussent à rester et à donner autant.
C’est aussi pour partie cela qui explique le manque de professionnalisme du secteur, en terme de rigueur, budgétaire et administrative. Le très grand nombre de petites associations, la faible mutualisation des ressources, documents, implique la multiplication d’un travail avec une faible valeur ajoutée, la difficulté à capter un public d’adhérents, participants, bénévoles. Dans celle ci peut être plus encore que dans les plus grandes avec des salariés, les conflits de personnes peuvent être fatal au bon fonctionnement de l’association, puisque les raisons de l’investissement sont profonds, les divergences sont d’autant plus violentes.
Le fonctionnement associatif présente des spécificités assez méconnues des bénévoles et dirigeants associatifs. Le travail, la documentation et les ressources fournis à ce titre par des personnes comme Laurent Samuel et son blog association 1901 sont d’une richesse pour nous. Je reste surpris de voir comment sur des questions aussi essentielles que les statuts, la gouvernance, la transparence qui impacte le bon fonctionnement et le développement des associations pour atteindre ses buts sont insuffisamment pris en compte.
Par ailleurs, les associations ont pour certaines une large part de leur financement qui provient des collectivités territoriales ou de l’état, financement en constante régression. L’article de Hugues Sibille et Viviane Tchernonog, sur le modèle économique des associations pointe bien l’enjeu de ces questions, et l’importance qu’il y a pour ces dernières à ne pas rester passive face à l’évolution de la société, alors même que les associations sont sources d’une richesse sociale, économique et présente une réelle valeur.
Pour aller plus loin sur la question, je vous invite à lire l’article de rentrée Laurent Samuel, sur les perspectives et les enjeux actuels : Vous avez aimé 2009 ? Vous allez adorer 2010
septembre 25, 2008 at 8:35 · Filed under Lu vu entendu, Responsabilité Sociétale de l'Entreprise, Société
Je lis actuellement Vers un monde sans pauvreté, autobiographie de Muhammad Yunus.
Yunus, prix nobel de la Paix 2006, économiste, fondateur de la Grameen Bank est l’un des pionniers de l’économie sociale et solidaire. Sa vision radicalement à contre courant sur de nombreux sujets, éclaire de façon lumineuse l’embourbement dans lequel sont les pauvres.
Yunus insiste sur un point important, le fait que c’est notre vision des choses qui biaise le système et sa capacité à répondre à nos attentes et problématiques. Répondre aux questions de pauvreté par des mannes financières nationales et/ou internationales énormes et par un assistanat des publics et populations auxquels ces dispositifs s’adressent est de par son expérience contre productif. C’est en modifiant le système et les modalités de fonctionnement que l’on apportera une réponse pertinente en regard d’indicateurs pertinents.
Je ne m’étends pas plus, j’aurais l’occasion d’y revenir plus en détail tant la portée englobe un ensemble de thème qui m’est cher, notamment les dispositifs d’aide aux plus défavorisés, l’économie sociale, la gouvernance, le rôle des gouvernements et tant d’autres.
Un thème m’a cependant marqué, l’idée que l’on mesure le développement d’un pays non pas à ceux qui réussissent mais à la situation et à la manière dont sont traitées les 25% de la population les plus pauvres et exclues du système. Là encore un thème porteur dans nos sociétés actuelles, sur lequel je reviendrais.
mai 3, 2008 at 13:04 · Filed under Développement Durable, Evolution, Responsabilité Sociétale de l'Entreprise
Alors que l’on entend parler développement durable à tous les coins de rue et d’entreprise, que l’on cherche à faire évoluer les législations, les pratiques, les hommes et organisations à grand renfort de campagne publicitaire, de chartes, d’événement nous oublions encore trop souvent que le développement durable repose largement sur la mutation des individus : changement de pratiques, changement de vision du monde, compréhension des enjeux et des problématiques…
Prendre le temps en interne avec ses collaborateurs et son équipe pour voir toutes les sources de gaspillage, ce qui pourrait être optimisé, recyclé, sous traité…
- Le principe des petits pas qui veut qu’une somme d’actions a un réel impact global in fine
- La logique de propagation des bonnes pratiques (benchmarking, viralité, réseaux) qui accroit l’impact de chaque action en la démultipliant, en faisant par la même un bras de levier conséquent
- L’interaction entre le développement des individus et celui des organisations : faire changer les individus et leurs pratiques impacte l’organisation à laquelle ils appartiennent, qui va elle même évoluer dans son fonctionnement, ses contraintes, sa gouvernance, entrainant un nouveau développement des collaborateurs selon les règles de feedback et de régulation systémique.
Autant d’éléments qui nous pousse à développer autant l’excellence dans chaque petite chose plutôt qu’à corriger systématiquement les erreurs et à vouloir repenser toute l’organisation (couteux, long, entrainant une force résistance au changement). En cela l’article de Jean Sébastien Trudel, expert québecquois sur les questions de développement durable est plein de bon sens : Si vous êtes à la recherche de solutions dans un cadre durable, Pensez petit!
avril 24, 2008 at 17:53 · Filed under Développement Durable, Lu vu entendu, Pratiques RH, Responsabilité Sociétale de l'Entreprise
L’article récent d’indice RH portant sur La création d’une « culture éthique », un levier de succès pour les entreprises soulève une question critique : celle des motivations à l’action.
En effet l’enquête d’Integrity Interactive souligne que des incitations salariales ou des récompenses remises aux salariés qui respecteraient les normes d’éthiques de l’entreprise seraient l’un des moyens de favoriser et de développer l’éthique au sein des entreprises.
Cette possibilité envisagée souligne l’importance dans la gouvernance qu’il y a à privilégier les comportements éthiques, constructifs, respectueux ou tout autres comportements qui à moyen terme sont bénéfiques à l’entreprise. En effet si transgresser les règles n’est pas sanctionné ou pire encore, si cela rapporte, l’incitation et la tentation que subit le sujet est d’autant plus importante, et seules ses règles et valeurs iront à l’encontre de l’intérêt qu’il aurait à transgresser.
Ces règles sont applicables à tous les niveaux, économique, politiques, éthiques, éducatives, si les règles développent et favorisent le meilleur de chacun, la probabilité de l’obtenir est bien meilleur que si ces dernières favorisent ou tolèrent les injustices et abus.