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S’insérer, intégrer l’emploi ou y rester

La question de l’insertion professionnelle demeure entière. Alors qu’il s’agissait par le passé bien plus d’un passage entre la fin des études et l’entrée dans le monde du travail il s’agit aujourd’hui bien plus d’un processus récurrent, intégrant des périodes de chômage, de formation continue, parfois de création d’activité ou de projets divers.

Deux publics principaux sont concernés par ces questions d’insertion, même si un ensemble d’autres éléments viennent jouer.

Les juniors.

Qu’ils soient diplômés ou non, l’âge moyen d’insertion professionnelle tend à reculer,  le diplôme même s’il protège encore dans une certaine mesure du chômage, ne suffit plus à immuniser contre la précarité des statuts, nombre de diplômés passent par de l’intérim ou des CDD. Les moins formés, notamment parmi ceux qui n’ont pas de diplômes ou ne sont pas qualifiés (13% d’une classe d’âge, soit environ 120 000 jeunes par an, cf INRP) souffrent d’autant plus de ces difficultés d’insertion, et a fortiori d’une insertion durable et non précaire.

La tentation de faire porter la responsabilité de cet échec scolaire, d’insertion et d’intégration aux autres est grande. A l’éducation et au système d’enseignement, aux services publics d’accompagnement vers l’emploi, aux acteurs économiques ou aux individus eux même. Il m’apparait pour autant évident que cette responsabilité est partagée entre tous ces acteurs, car ils sont parties prenantes d’un même système. Il est certes possible d’améliorer la situation par l’évolution des différents membres du système, mais c’est encore dans une action coordonnée de ceux ci et une politique cohérente que cela est possible.

A l’occasion du lancement du RIJ (Réseau Insertion Jeunes) dont se fait l’écho Christian Bensi, un échange avec Philippe Labbe nous éclaire au moins partiellement sur la complexité de ce dispositif d’insertion des jeunes, où les missions locales sont l’un des principaux intervenants, en tant qu’acteur de proximité, à même d’accompagner les publics les plus en difficultés. Le nombre d’intervenants, la concurrence entre eux, la trop grande spécialisation de leur action ou publicscibles, les budgets et soutiens dont ils bénéficient sont pour partie source des difficultés à accompagner les jeunes, qui se perdent dans les dispositifs même.

Pas de quoi s’étonner donc que même parmi les plus privilégiés, diplômés,  jeunes, cadres, les désertions soient nombreuses et que pour eux la “vraie vie [soit] ailleurs”. C’est du moins ce que titre le monde dans un article de son édition du 17 septembre, brossant le portrait de nombreux cadres dynamiques qui vont voir ailleurs et laisse au monde du travail qu’une part relative de leur vie.

Ils arrivent prévenus sur le marché du travail. Ils ont déjà effectué des stages où ils ont été pressurés, exploités gratuitement, sans même l’aumône d’une poignée de main à la fin. Ils n’auront souvent que des CDD à rallonge, le temps de conduire un projet.Ils ont vu le sort qui a été réservé à leurs aînés, à leurs parents parfois, éjectés sans ménagement parce que moins compétitifs.  “Les jeunes sont investis dans leur carrière, pas dans l’entreprise”, constate Bernard Salengro, secrétaire national de la CFE-CGC.

Les Seniors

Un facteur encore assez récent dont les organisations ont leur part de responsabilité. Ces mêmes organisations qui pourraient se voir forcée par le législateur de faire tomber un autre problème, celui de la réinsertion ou du maintien dans l’emploi des seniors. C’est ce que souligne Cadremploi dans son édito de la semaine, évoquant la taxe senior qui pourrait dès le premier janvier 2010 emputer de 1% de leur masse salariale les employeurs ne menant pas un plan d’action pour l’emploi des seniors.

Ces mêmes séniors, qui pour un certain nombre à l’orée des 45-50 ans ont connus ces dernières années une difficulté croissante à rester employé, que ce soit en partant volontairement à l’issue de retraite anticipée, suite à des PSE, des licenciements ou autres. Les caisses de retraite en sont venues à financer des actions d’accompagnement (bilan de compétences, formation) pour aider leurs cotisants à retrouver un emploi… et à continuer de cotiser.

Junior et sénior les mêmes limites ?

Expérience, salaire, adaptabilité, responsabilité, évolution de carrière, autant de thème qui sont communs aux uns et autres. Trop expérimenté pour les séniors ou trop inexpérimenté pour les juniors, avec des salaires trop élevés ou aspirant à évoluer trop vite, pas assez adaptable ou pas assez affirmé et aguerri, aspirant à trop de responsabilité et d’autonomie pour ceux en fin de carrière ou ceux qui la débutant sont adeptes des TIC et des fonctionnements collaboratifs en réseau, voulant évoluer encore ou rapidement dans leur carrière.

Autant de casse tête auquel se confronte certains employeurs.

A jouer le court terme et l’intérêt de chacun plutôt que la complémentarité et la co-responsabilité de chacun, le risque de voir toutes ces problématiques nous offrir un joli retour de baton est important. Quelles réponses apporter à ces thèmes : éducation, orientation, formation, insertion, emploi, rémunération et relations sociales, fidélité et implication, questions sociales et solidarité, retraite, santé…

Aller plus loin avec les Missions locales :
- Rhône Alpes
- Le conseil national des Missions Locales

Liens du 12/06/08

A retrouver un excellent article de David Bernard, sur les facteurs d’exclusion d’un recrutement. Un bon rappel des fondamentaux généralement attendu des recruteurs et dont il faut être conscient au risque de ne pas passer la case compétences et motivation.

Telos, nous gratifie d’un article intéressant sur l’impact du retard dans les études sur les rémunération et l’insertion professionnelle. Autant de facteurs de discriminations souvent inconscients chez le recruteur non informé de ces tendances et risques. De ces éléments découlent le besoin très important de formation des recruteurs, notamment en PME où ils ne sont pas systématiquement des professionnels RH ou des psychologues du travail, sensibilisés à ces questions et plus porté à mettre en oeuvre des process de recrutement robustes et moins discriminant.

Un article sur la génération Y dans les entreprises et la façon dont les québecquois gèrent l’arrivée des jeunes diplômés au sein des organisations.

Les métiers rêvés des 18-25 à retrouver via Jobetic.

Recruteurs : nos critères font nos candidats

Il est acquis de longue date que ce sont dans une large mesure les profils de candidats recherchés qui conditionnent le type de candidat que l’on obtiendra. Les candidats pour autant persiste à postuler sur de nombreux postes pour lesquels ils n’ont pas tout à fait voire pas du tout le profil.

A la définition du profil du candidat, qui ressemble parfois à un canard à trois pattes, s’ajoute les critères de sélection des dossiers. Le CEREQ consacre une de ses notes à la question de la sélection des jeunes diplômés dans le monde de l’entreprise.

Il apparait que les contextes de recrutement, les secteurs et les critères jouent dans une large part sur possibilités pour un jeune diplômés d’être sélectionnés. Tout cela nous rappelle à quel point lorsque nous recrutons il nous faut conserver un regard critique sur le process de recrutement, ses acteurs, les facteurs qui vont nous amener à sélectionner, au risque, parfois inconsciemment ou involontairement, de limiter la diversité, les opportunités de recruter un bon candidat ou les canaux et profils apportant une vraie richesse de par leur particularité.

Pour ce qui est des jeunes diplômés, il ressort notamment de l’étude que “les débutants sont davantage embauchés dans les établissements de petite taille, dans les secteurs du commerce et des services marchands et sur des postes d’employés et de professions intermédiaires. ” A noter également que le recours à différents facteurs de tri des candidatures tels que la prise en compte d’une lettre de motivation sera favorable, tout comme celle d’un dossier de candidature ou de test d’intelligence (pour ce qui concerne les seuls CDD) tandis que la prise en compte des prétentions salariales ou de recommandation joueront plutôt en sa défaveur.

Pour ce qui est des critères, la prise en compte du niveau et de la filière de formation, de l’âge, des aides à l’emploi ou de l’apparence jouent plutôt en faveur des jeunes diplômés alors que l’expérience, le lieu d’habitation, l’écriture, les références, la situation matrimoniale joueront plutôt contre les jeunes candidats.

Cette synthèse (4 pages) vaut largement le coup d’être lu pour toutes les personnes s’intéressant à ces questions.

Pour aller plus loin :
- Un article sur les dicriminations sur le blog du management et de la RSE

Jeunes diplômés, quand les écoles aident les entreprises

Alors que les tensions sur le marché de l’emploi s’accroissent et qu’un certain nombre de postes peinent à être pourvus, nombre de jeunes diplômés ne trouvent pas d’emploi les satisfaisant, changeant régulièrement, démissionant ou créant leur propre activité.

L’ANDRH Junior (les jeunes membre de la fédération des professionnels des ressources humaines) ont estimé à 300 000 le nombre d’offres non pourvues. Il y a donc potentiellement du travail pour un certain nombre de personnes, même si tout ces emplois n’attirent pas forcément de candidats.

Le marketing RH est une des réponses apportées par les entreprises pour répondre à ces difficultés de recrutement. Toutefois passée l’étape du recrutement lorsque celui ci est bien réalisé, la fidélisation et la gestion de carrière des salariés constituent une source fréquente d’erreur.

Focus RH se fait l’écho de cette problématique à travers l’interview d’Arnaud Gimenez, directeur des relations entreprises de l’ESC Pau. Cette dernière a réalisé une étude en collaboration avec un certain nombre de grandes entreprises révélant les lacunes existants et les contreparties d’un marketing RH parfois en décalage avec la réalité de l’entreprise.

Les solutions à apporter aux pénuries de recrutement sont variées et c’est aussi en innovant dans leurs méthodologies et leurs pratiques que les entreprises feront face aux problématiques RH qui les préoccupent. Le management est là encore au coeur de ces situations, et chaque salarié contribue à son niveau à la réussite et à l’attractivité de son entreprise.